الثلاثاء، 15 يونيو، 2010

Protégeons l’AMDH contre les tendances liberticides


Suite aux attaques infâmantes de ces derniers jours contre l’AMDH par la presse aux ordres et certains
dignitaires de l’Etat, un petit groupe de personnes indépendantes ont pris l’initiative du texte de pétition ci-après, que je me permets de soumettre à votre signature, si vous adhérez à son contenu et que vous n’avez pas de contrainte à afficher cette position. Prière de réagir à votre première convenance si vous désirez être parmi les premiers signataires. Vu les risques supposés d’escalade, l’idée est de rendre le texte public dès mercredi 16 juin. Vous pouvez aussi, si vous le jugez approprié, partager ce projet avec les personnes que vous considérerez indiquées, tout en insistant sur sa confidentialité en cette étape. Vu les contraintes de délais, vous comprendrez que ce texte est proposé en l’état et qu’il serait très ardu d’en revoir les expressions, expressions délibérément laissées ouvertes pour demeurer admissibles que l’on se sente ou pas très proches de l’AMDH et de sa direction actuelle. Au cas où vous accepteriez d’apporter votre signature, je vous prie de me le signifier par retour de mail, avec indications de votre prénom et nom, ville, qualité professionnelle, et / ou toute autre qualité que vous aimeriez voir apparaître au bas du texte à diffuser.


TEXTE DE LA PETITION :

Protégeons l'AMDH, facteur du Maroc de demain (titre alternatif proposé : Protégeons l’AMDH contre les tendances liberticides)

Nous, soussignés, citoyenNEs et militantEs attachés aux droits humains, à la diversité et à la démocratie, apportons par la présente notre appui à l’Association Marocaine des Droits Humains (AMDH). Par delà toute éventuelle divergence sur telle ou telle de ses positions, nous considérons que cette institution et ses consœurs sont vitales pour le progrès du Maroc et de l’humanité.
C’est parce que l’AMDH dérange qu’elle est importante. Elle ose mettre le doigt là où ça fait mal ! Elle souligne les maux du pays qu’elle juge en contradiction avec les droits humains, et ce en cherchant délibérément à se distancer des « spécificités nationales ». Elle revendique la défense des principes universels sans considérations d’appartenance nationale, religieuse, ethnique… autres que celles prévues par les conventions internationales. Evidemment, lorsqu’elle cherche à s’approprier le patrimoine universel, elle se retrouve souvent en avance (et en tous cas en décalage) par rapport aux normes idéologiques, sociales et politiques dominantes.
Que serait le Maroc d’aujourd’hui si des institutions telles l’AMDH n’avaient pas pris la responsabilité, contre les dogmes régnants et toutes les autorités installées, de briser les tabous, que ce soit pour l’esclavage, ou pour le colonialisme, ou pour la violence familiale et conjugale, ou pour les dictatures violentes, tous les Tazmamart et Kalaât Mgouna du monde entier ?! Aujourd’hui, l’AMDH est accusée de revendiquer des institutions étatiques émanant des citoyens et les servant sans référence à une autorité religieuse ; elle est accusée de prôner la résolution du conflit du Sahara selon la légitimité internationale, sans s’adosser nécessairement à la position de l’Etat et de l’essentiel de la société et des élites marocaines ; elle est accusée d’en appeler au respect des libertés individuelles, notamment en matière de choix de pratique religieuse ou d’orientation sexuelle, tant que la pratique de ces choix n’attente pas aux droits et libertés d’autrui. Pour ces « infamies », assaisonnées de bon nombre de mensonges et d’affabulations, l’AMDH est dénoncée pour « traîtrise », par une certaine presse, et même par le Premier Ministre en personne et par la seconde chambre du Parlement.
Nous prenons fait et cause pour l’AMDH, non pas parce que nous la croyons sacrée ou infaillible, mais parce qu’elle est nécessaire à notre progrès et qu’elle contribue à éclairer nos chemins. D’aucuns parmi nous considèrent que ses positions sont parfois excessives, ou téméraires, ou bien au contraire timorées ou de parti-pris. Nous n’avons pas nécessairement la même appréciation de la manière par laquelle elle gère son fonctionnement interne, et certains parmi les signataires l’affichent publiquement et appellent de leurs vœux des avancées substantielles et rapides de son autonomie. Mais nous considérons que les éventuelles défaillances que nous pouvons critiquer relèvent non pas d’une carence indépassable mais de la maturation naturelle que nous appelons d’un mouvement des droits humains, universaliste, outillé, objectif, enraciné, pluriel et démocratique.
Nous comprenons qu’aujourd’hui, nombre de nostalgiques de l’absolutisme et de la répression primaire cherchent à mettre en équation les acquis libertaires de la société marocaine. Le devoir de tous les démocrates et de toutes les forces éprises de liberté et de droits humains est de faire échec à la régression. Nous, signataires, nous déclarons prêts à en assumer notre part.

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